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Les barrières aux entrées des autoroutes québécoises

Depuis environ le mois de septembre 2009, le ministère des Transports du Québec a très discrètement fait installer des barrières en acier à toutes les entrées des différentes autoroutes québécoises.

Puisqu’il n’y a eu AUCUN communiqué de presse formel du MTQ concernant l’implantation de ces barrières, il s’avère très difficile de comprendre ce qui a bien pu motiver nos politiciens et fonctionnaires à les imposer, aux frais des contribuables.

Voici à quoi ressemblent ces barrières:

Malgré de nombreux appels au MTQ, incluant aux relations avec les médias, il a été impossible de savoir ce qui a réellement motivé l’installation de ces lourdes barrières.

Officiellement, il semble que ces barrières —stratégiquement placés aux entrées des autoroutes— doivent servir lors des tempêtes mais aucun employé du MTQ n’a voulu confirmer qu’il ne s’agirait que des tempêtes de neige [en hiver]. Pourquoi laisser autant de flou sur le moment où des tempêtes prétendument catastrophiques pourraient survenir (alors qu’on sait qu’au Québec, ça ne se produit que l’hiver)?

Enfin bref, ces barrières d’acier sont censées empêcher les automobilistes de s’aventurer sur les autoroutes, en cas de tempête.

Ok.

Mais depuis des décennies, il suffit d’un simple avertissement dans les médias (notamment la radio) pour que tout le monde (sauf un hurluberlu, par-ci, par-là) évite ces mêmes autoroutes. Qu’est-ce qui s’est passé, tout d’un coup? Les médias auraient-il menacé de ne plus collaborer? C’est clair que non et comme ils ont généralement fait du bon boulot, il doit forcément y avoir une autre raison qui a poussé le MTQ à installer ces barrières.

Hummm…

Pourquoi le MTQ mettrait-il secrètement en place un immense inventaire de barrières d’acier qui, au moment voulu, pourrait empêcher toute circulation autoroutière, d’un bout à l’autre de la province?

Sérieusement, il faut s’arrêter et y penser.

Qui plus est, si ces barrières étaient si importantes, pourquoi ne pas avoir annoncé le tout avec une belle conférence de presse? Pourquoi avoir gardé ce « projet de barrières » secret? Pourquoi autant de nervosité lorsqu’un petit média (comme celui-ci) pose des questions toutes simples?

L’argument des tempêtes est boiteux.

L’argument, par extension, des automobilistes imprudents qui pourraient —dans un cas hypothétique— contourner des véhicules de police (qui avertissent les automobilistes de ne pas s’aventurer sur l’autoroute) est boiteux, lui aussi.

L’argument de la sécurité publique, lui, ressemble à du maternage étouffant.

Alors que reste-t-il comme raison valable pour dépenser NOTRE ARGENT pour construire des barrières qui pourraient, un jour ou l’autre, limiter notre droit de se déplacer librement sur NOS autoroutes?

À vous de le découvrir!

Ce ne sont certainement les politiciens ou employés du MTQ qui vont se bousculer pour « tenter » d’expliquer aux Québécois pourquoi leur système routier commence à ressembler à une prison, avec des barrières partout et des caméras qui épient nos moindres déplacements.

Le gouvernement du Québec nous cacherait-il quelque chose?

Ces barrières ont des inscription comme « DOT C-2 » et « Signal Stat » mais dans le premier cas, c’est une norme et dans le deuxième, c’est la marque de l’autocollant réfléchissant (une compagnie américaine, semble-t-il). En ce sens, il est impossible de remonter la trace des fournisseurs pour comprendre ce qui a pu réellement motiver le MTQ à installer cette « matrice pan-québécoise de barrières ».

Lors d’un petit vox-pop, aucun des automobilistes interrogés ne savait pourquoi, exactement, ces barrières métalliques avaient été installées à l’entrée de nos autoroutes. Ceci dit, tous les répondants veulent en savoir plus sur ces barrières et leur raison d’être. Aucun d’entre-eux n’a été satisfait par l’explication « officielle » des tempêtes, du MTQ.

C’est frustrant d’être rendu incapables d’obtenir des réponses CLAIRES pour des choses aussi simples que « le pourquoi de ces barrières, sorties de nulle part », au Québec. Si les détails concernant ces barrières doivent être gardés secrets, à qui ce secret profite-il? Ça n’a aucun sens d’avoir des fonctionnaires nerveux, au bout du fil, dès qu’il est question de ces barrières — ils deviennent carrément agressifs lorsque des questions plus pointues sont posées (des dates, des noms et des coûts).

Amis québécois, c’est en laissant faire les tyrants que s’installe la tyrannie.

Et là, s’il existe une authentique « bonne raison » de s’endetter (collectivement) pour avoir des barrières partout, qu’on le dise, haut et fort mais dans ce cas-ci, ça ressemble à une grosse omerta. Soit les politiciens et les fonctionnaires disent la vérité (TOUTE la vérité) ou il va nous falloir une autre commission d’enquête pour faire la lumière sur ce qui a soudain rendu ces barrières nécessaires.

Pour les intéressés, les députés provinciaux refusent, eux-aussi, d’en dire plus à propos de ces barrières (autant chez les Libéraux que les Péquistes). De toutes façons, c’est sûrement pour notre bien, non?

Tags: barrières, autoroutes, routes du québec, québec, réseau routier, police, mtq, ministère des transports, transports québec, ministre des transports, fonctionnaires des transports, dot c2, signal stat, barrière en acier, tempêtes



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Categories: Transport routier

Commentaires (3)

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  1. cgelinas dit :

    À force de les voir, il se pourrait que vous finissiez pas trouver ça « normal » d’avoir des barrières, partout.

    Ce serait vraiment bête, pour les Québécois, de croire que ces barrières ne sont là que « pour notre bien » car l’histoire nous enseigne que lorsque le gouvernement se met à ériger des « structures de contrôle », il faut craindre le pire.

    S’il n’y avait que ces barrières, ce serait probablement (un peu) moins inquiétant mais là, les gens sont attaqués de toute part. Les libertés individuelles n’en finissent plus d’être amputées au nom d’impératifs liés à la fameuse « sécurité nationale », ce qui fait écho à la paranoïa américaine contre des terroristes, d’abord étrangers (comme Ossama bin Laden, qui était un agent de la CIA) et ensuite, « domestiques » car la cible, depuis le début, était le peuple américain (et non des terroristes étrangers).

    Soyons clairs: nous n’avons PAS besoin de barrières à l’entrée de nos autoroutes.

    L’existence-même de ces barrières nous expose à un éventuel abus, quant à leur utilisation.

    Accepter l’implantation de ces barrières sans contester reviendrait à accepter, tacitement, notre état d’esclaves, dans notre propre pays.

  2. cgelinas dit :

    Voici quelques informations que j’ai pu obtenir en discutant avec un responsable des relations avec les médias, au MTQ:

    • les barrières sont toutes installées sur des zones appartenant au MTQ (et non aux municipalités);
    • il y a environ deux (2) ans, de nombreuses villes ont cédé leurs accès vers les autoroutes au MTQ (parce qu’elle n’avaient plus les moyens de les entretenir), ce qui a pu faciliter l’installation « unilatérale » de ces barrières (je n’ai pas tous les détails concernant cette cession d’actifs routiers);
    • il n’existe aucun communiqué de presse annonçant la venue ou l’installation de ces barrières — c’est confirmé par le MTQ;
    • la décision d’installer ces barrières aurait apparemment été prise dans chaque région, individuellement (le fait qu’elles aient toutes pris la même décision, en même temps ne tiendrait apparemment pas d’une stratégie concertée);
    • les barrières auraient été fabriquées au Québec par le Centre des services partagés (un organisme du gouvernement);
    • historiquement, les autoroutes ne font l’objet de fermetures qu’à raison d’une ou deux fois, par hiver [selon les régions] (ce n’est pas exactement un « besoin continuel »… c’est très exceptionnel, en fait);
    • il semblerait que ce genre de barrière existe à certaines entrées d’autoroute depuis dix (10) ans (!);

    Aussi, il semblerait que la SQ n’aura PAS les clés qui permettent d’ouvrir et de fermer les barrières et que le MTQ sera le seul à pouvoir s’en servir.

    Il semblerait que les services d’urgence de chaque région aient eu l’instruction de provisionner un surveillant (ou policier, s’il n’y a pas de surveillant du MTQ) par trois (3) barrières — pour des urgences (comme le passage obligatoire d’un déneigeuse suivi d’une ambulance).

    Historiquement, il apparaît qu’un 4×4 ait réussi à contourner l’auto-patrouille qui bloquait une entrée d’autoroute mais selon l’aveu-même du MTQ, il semblerait que cette situation pourrait quand même se produire avec une barrière.

    Sans surprise, aucune date n’a pu être fournie quant au moment exact où ces barrières ont été installées ni qui les aurait « autorisées », exactement.

    Il n’est pas, non plus, possible de savoir combien ces barrières ont coûté puisqu’apparemment, elles ont été payées à même les « budgets internes » du MTQ de chacune des régions et donc, ne sont (apparemment) pas accessibles au public (c’est toujours frustrant de se faire dire ça… compte tenu qu’on paie, en tant que contribuable).

    Alors voilà, on sait de nouvelles choses mais sur le fond, on fait un peu du sur-place, dans le dossier des barrières à l’entrée des autoroutes québécoises.

  3. cgelinas dit :

    Depuis la parution de mon article, en 2010, de plus en plus de gens se demandent à quoi peuvent bien servir ces barrières, installées à TOUTES les entrées d’autoroute, du Québec.

    Vraiment bizarre…

    Surtout que le MTQ maintient un « silence radio » à peu près total à propos de celles-ci… comme si elles n’existaient pas!

    Le mystère continue sans que nos élus ou les administrateurs du MTQ n’acceptent de nous en dire plus que ce que j’ai pu apprendre.

    Nous devrions tous être inquiets de voir ces barrières érigées et prêtes à être utilisées… CONTRE nous!

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